…toujours dans ma bulle.
Dès mon plus jeune âge j’étais une fillette enjouée, pleine de vie, souriante… Tout ça s’est gâché quand j’ai mis les pieds à l’école primaire, où semble-t-il j’étais devenue “la chose”… Celle qu’on regarde de travers, celle qu’on montre du doigt, celle qui n’est pas conforme à la norme, celle dont on rit parce qu’elle est différente, celle qui est ronde et dont on ne veut jamais comme amie! Bien sur, à ce moment-là dans ma petite tête de jeune fille, tout était de ma faute, je méritais qu’on me traite ainsi sans savoir le pourquoi ni le comment. Oh bien évidemment, j’ai eu quelques amis(es), mais dans mes yeux de femme de 32ans, je me rend compte maintenant que je ne faisais qu’office de “bouche-trou” quand les amis(es) réguliers n’étaient pas disponibles. J’étais le souffre-douleur sur qui on se défoule par simple plaisir, je me suis même fait battre et tirer des roches par d’autres enfants au primaire…
Au secondaire? Même chose! Les quelques amis(es) que j’ai eu, soit avaient autres chose à faire, soit disparaissaient dans la brume, me laissant seule. Jamais aucun garçon ne s’est intéressé à la “ptite grosse” (comme on m’appelait très affectueusement). J’ai eu un seul et unique chum… et j’ai fini par le marier (et l’histoire n’est pas plus rose). J’étais triste et seule, la solitude on fini par s’y faire, mais la tristesse s’ancre au fond du coeur et fini par y laisser des traces indélébiles.
Pour moi la sincérité, les compliments, la flatterie sont des choses qui m’effraient. Au fil du temps, je suis devenue farouche, amère, repliée sur moi-même, ne laissant plus personne ne m’approcher. Depuis trois ans, c’est de pire en pire, j’ai peur qu’on me touche, j’ai peur qu’on me blesse, j’ai peur de laisser quelqu’un entrer et qu’il démolisse ce qui reste de ma fierté et de mon amour propre. Je fuis, je me cache, j’espère me fondre dans la foule et qu’on ne me remarque pas. Je ne suis malheureusement plus une petite fille, quand on m’attaque ma colère surgit aussitôt, tel un volcan en éruption, c’est pourquoi j’essaye d’éviter tout conflit. Je préfère jouer ma vie “low profil” en ne nuisant à personne, que de tenter à tout prix qu’on m’apprécie pour ce que je suis. Toute ma vie on m’a traité comme une nuisance, jugée et même maltraitée.
Je ne tolère plus le mal. Je tente d’apporter aux autres, mais je fini toujours par me planter. J’essaye le mieux possible d’éduquer à mes enfants de ne jamais se laisser rabaisser, de marcher toujours la tête haute en n’ayant pas peur de s’exprimer… ce que j’ai moi-même appris trop tard.
Alors voilà, si vous me croisez un jour ne me voyez pas comme une personne snob et au-dessus de ses affaires, voyez plutôt quelqu’un qui vit en ayant peur qu’on lui arrache le peu d’estime qu’elle a pu conserver au cours de toutes ces années.
Voilà ce que je suis en réalité.


J’aimerais vous annoncer l’ouverture d’une nouvelle salle de tchat 



